Formation pendulaire: 26ème vol

17 octobre 2017, 9h30

Rendez-vous ce matin à 9h30, au réveil le paysage est masqué par une brume, va-t-elle se lever? Le plafond sera-t-il suffisamment haut pour pouvoir voler ce matin? Seule façon de le savoir aller voir, j’en ai à peine pour 1/4heure de route!

En arrivant la situation c’est un peu améliorée, la visibilité horizontale est correcte, on voit nettement le clocher de Corcelles quasiment dans l’axe de la piste 34, au-delà des 1,5km minimum de visibilité réglementaire nécessaire à un vol dit VFR (vol à vue).

Je croise Pierre-Jean, en tenue de travail mais plutôt mécanique que vol, il me dit que ce matin je vais voler avec Samir. C’est toujours intéressant, pour un élève, de voler avec plusieurs instructeurs et quand ils sont de la qualité et de l’expérience de ceux que j’ai la chance de côtoyer je ne peux qu’apprécier!

Samir me demande ce que je pense de la situation météo, j’avoue que, vu ma faible expérience (j’en serais à 15h00 de vol à l’issue de cette leçon), c’est un temps qui m’aurait amené à rester au sol si je devais voler seul! Bien, mais il faut aussi que je sois capable de voler en toute sécurité et donc de pouvoir faire face à des imprévus comme la venue d’une couche nuageuse dessous moi. On va donc voler pour apprendre à se poser en restant en vue du sol sous un plafond qui s’abaisse et ensuite voler au-dessus des nuages quand il y a des éclaircies qui permettent de garder le sol en vue et de redescendre en sécurité!

Dans toute la mesure du possible il faut éviter de se faire piéger et une bonne lecture des bulletins météos et l’observation du ciel doivent le permettre, néanmoins ce matin on va voler pour que je mesure bien la situation  et comment y faire face!

De plus l’état du ciel n’est pas dramatique et des trouées existent dans la masse nuageuse, par contre tout est cotonneux et impossible d’évaluer le plafond. Allez visite pré-vol effectuée, on démarre. Démarrage un peu laborieux avec le froid le moteur a eu du mal à sortir de sa nuit froide!

On décolle en 34 le vent est quasi nul au sol mais on voit que les nuages se déplacent vers le sud indiquant un léger vent de Nord en altitude.

On décolle et avant d’atteindre l’altitude habituelle à laquelle nous faisons le tour de piste (environ 1400 pieds) nous sommes juste à la limite basse des nuages un peu de lambeaux cotonneux trainent ici et là, donc on va rester en dessous, en vue du terrain mais beaucoup plus bas que d’habitude. Cela va changer mes repères et je vais devoir m’adapter. C’est à dire que mes paliers vont devoir se prolonger en vent arrière et en base pour venir retrouver en finale ma pente habituelle à une hauteur différente, plus basse. et ensuite me poser “normalement”. Et bien sur au 1er coup je ne suis pas dans l’axe, j’ai du mal à conserver mon roulis et le posé et un peu dur! On recommence une deuxième fois puis une troisième sans que je m’améliore beaucoup sauf un peu sur l’axe de piste.

Samir décide de me donner une peu “d’air” et me dit le ciel se dégage au nord il y a des grandes trouées dans le ciel nuageux , décolle et vise la trouée. Bon ok. On repart et je laisse le pendulaire grimper. On dépasse les 1400 pieds, et on monte encore un peu, nous dépassons la trouée et le ciel se dégage au-dessus de nous et en-dessous on voit le sol sans problème tout le nord du terrain est dégagé.

Allez fais un 180° par la gauche, après avoir vérifié que l’espace est libre je commence mon virage et là!!!!!!!

Une vue exceptionnelle au sens premier du terme car là ou nous sommes seuls des aéronefs peuvent voir ce paysage fabuleux, et l’image traduit mal l’émotion que l’on ressent!

Une mer de nuages avec de temps en temps un sommet qui émerge tel une ile. Et puis le Mont Blanc au loin!

Mais il faut quand même redescendre!

On reprend la trouée et on passe dessous le plafond, qui entre temps est bien remonté, du coup la vent arrière se déroule presque normalement et je me pose beaucoup plus doux et dans l’axe de la piste!

Aujourd’hui j’ai donc appris à me méfier des plafonds bas et imprécis, à anticiper pour revenir me poser dans une configuration non standard. Mais j’ai, aussi appris, à apprécier le plaisir que nous donne le pendulaire, les paysages magiques qu’il permet de découvrir.

Une belle matinée en somme!

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