Formation pendulaire: 3ème vol

Vendredi soir 23 juin 2017 je vais effectuer mon 3éme vol.

Je pars de chez moi un peu sceptique, car le vent souffle assez fort et dans ce cas le vol peut-être annulé. Les instructeurs préférant un vol calme pour les débutants ! Personnellement je n’ai pas eu de vrai vol calme les deux fois précédentes mais cela ne m’a pas vraiment gêné ni stressé d’ailleurs !

On verra bien de toute façon j’y vais !

J’arrive sur place je salue les présents il va y avoir plusieurs vols ce soir ! Olivier qui continue sa formation, un propriétaire de Tanarg qui souhaite un vol avec instructeur pour se remettre dans le coup malgré son expérience ! Moi, (OUAIS) avec une double première pour moi, mon instructeur sera Samir et nous volerons dans un Tanarg d’Air Création, en fait la limousine des pendulaires de ce constructeur. Le chariot est caréné, les sièges plus confortables et avec plus d’espace pour le pilote et son passager, les commandes sont réglables pour s’adapter à la morphologie de chacun, l’aile est plus perfectionnée et plus polyvalente, il possède un moteur Rotax de 4 cylindres, 4 temps de 100cv et un parachute de secours intégré à la structure de l’appareil ! J’aurai l’occasion de revenir sur cette machine dans les comptes-rendu prochains sans doute. La voici en photo.

Parce que il faut vous dire que j’avais pris d’excellentes résolutions concernant mes souvenirs vidéos. J’avais bien calculé le montage que je devais installer sur le trapèze pour avoir une image moins penchée et plus dans l’axe, j’avais anticipé le montage avant la visite pré-vol pour ne pas être pressé pour ne pas bâcler l’installation, bref tout bien pensé même que j’ai vérifié en démarrant la caméra son cadrage. Parfait je coupe la caméra et je la rallumerais au moment du démarrage du moteur. Sauf que J’AI CRU couper la caméra, qui est restée allumée, J’AI CRU la redémarrer au moment du départ du vol, alors qu’en fait je l’éteins.

Au moment du départ Samir me dit tu as bien allumé ta caméra et moi sur de mon coup, Pfft bien sur non mais quand même ! Résultat un vol complet caméra bien positionnée mais éteinte ! Il n’y aura donc pas de vidéo du 3é vol Désolé j’essaierai de faire mieux, heu moins mal dirons-nous, la prochaine fois !

Mais cela n’a pas empêché le déroulement du vol j’étais parfaitement serein quand au fonctionnement de la caméra !

Samir fait un vol avec un autre Tanarg et son propriétaire pour une remise en mémoire. Pendant ce temps-là avec Jean-Claude nous allons procéder à la visite pré-vol.

Je ne vais pas vous refaire le détail énuméré dans mon dernier billet, seulement sur cette machine, si les fondamentaux sont les mêmes, elle a quelques particularités auxquelles il faut s’adapter. L’aile n’est pas la même elle est plus perfectionnée et donc plus complexe. C’est une double voilure, c’est à dire que la voile recouvre aussi le dessous de l’aile et cache les nervures qui rigidifient l’ensemble, il y a donc des trappes de visite à ouvrir en plus ! Elle possède un mécanisme qui permet de « déformer » la voilure en vol et de changer ses performances, en faisant simple, c’est ce dont j’ai besoin à ce niveau de ma formation, il y une position basse vitesse et haute vitesse avec toutes les situations intermédiaires possibles ! La barre sur ce modèle est un peu différente, au lieu d’être droite comme un manche à balais elle a un double décrochage au milieu donnant la possibilité de la tenir sur plusieurs positions de la main. Donc il faut contrôler ce mécanisme, à base de câbles et poulies. Il y a des Winglers en bout d’aile, ce sont ces rajouts en plastique noir qui remonte vers le ciel ils permettent de réduire les turbulences de l’aile et d’améliorer le vol ! Le moteur est aussi différent, il s’agit toujours d’un Rotax mais c’est un 4 cylindres, 4 temps. Les contrôles sont différents notamment concernant le niveau d’huile. Le chariot est aussi plus complexe, avec un bas carénage complet, des réglages supplémentaires des commandes qu’il faut vérifier car certaines sont masquées tout ou en partie par celui-ci. Nous complétons le plein avec JC.

La visite est faite je suis prêt pour le vol, je vais chercher mon casque, Samir se pose, petit débriefing avec son pilote et il me rejoint. Et là je CROIS démarrer la caméra que, dans les faits j’arrête !

Samir m’explique les particularités du Tanarg par rapport au Skypper sur lequel j’ai fait mes deux premiers vols, ainsi que de l’aile qui est plus complexe que celle du Skypper. Essentiellement le tableau bord numérique, le chariot plus lourd et l’aile aussi donne plus d’inertie ! A priori cela facilite le vol dans les turbulences mais Samir pense que le vol devrait être calme.

Procédures de démarrage, contrôle visuel derrière nous, personne dans le champ du souffle de l’hélice, personne devant nous et pas d’obstacle proche, pied (la pointe) bien posé sur le frein, teste de l’accélérateur au pied droit, il s’enfonce sans résistance et revient à son neutre sans temps mort.

Circuit électrique ouvert, contact et action sur le démarreur, vrooom le moteur démarre au 1/8e de tour ! Test allumage, moteur à 3 000 t/mn environ allumage sur 1, régime se réduit sans modifier l’accélérateur, allumage sur 1+2 le régime revient à ses 3 000 t/mn initiaux, allumage 2 baisse de régime identique à la position 1, on remet l’interrupteur sur 2+1.

Allumage des instruments du tableau de bord, là nouveauté pour moi il s’agit d’un tableau numérique comme une grande tablette avec dessiné les compteurs et indicateurs nécessaires au vol ( du moins on est en droit de le supposer) !

Badin indique la vitesse/air, altimètre indique l’altitude en pieds (3 pieds équivaut à environ 1mètre), compte-tours pour le régime moteur et jauge à essence qui indique vide alors que nous venons de faire le plein avec JC ! Donc on passe outre je suis sur de moi sur ce coup là ! Voilà c’est à peu près tout dont on a besoin, bien que nous pourrions tout à fait nous en passer en pendulaire, dixit PJ et JC.

Comme hier je dois amener la machine en bout de piste dans l’axe pour le décollage qu’effectuera Samir, j’accompagnerais en posant juste la paume des mains sur la barre.

J’accélère du pied droit et relâche le frein du pied gauche, talon droit pousse pour tourner puis accélération pour gagner l’entrée de piste. Là arrêt obligatoire. Ceci est une procédure valable sur tous les aérodromes de celui de Pizay à CDG ou LA ! Stop pour vérifier que la piste et le ciel est clean avant de s’engager. Si on a la radio, ce qui n’est pas obligatoire en ULM, on peut faire un appel sur la longueur d’onde de l’aérodrome. Au point d’arrêt on effectue la procédure ACHEVER méthode mnémotechnique pour un dernier contrôle au sol. Je ne me rappelle plus la procédure en entier, va falloir que je révise.

Sécurité d’accès à la piste vérifier, pas d’aéronefs en approche ni au sol ni sur la piste, et pas de signalement à la radio, on peut s’engager, je relâche les freins, j’accélère et fait tourner le palonnier pour amener le Tanarg en seuil de piste 34. je me débrouille mieux que la veille au soir j’arrive à accélérer sans trop freiner et vice versa, il y a encore quelques mauvais réflexes quant à la direction au palonnier mais cela se voit vite et on peut réagir rapidement. Pendulaire aligné en piste 34 frein serré ! Samir me dit lâche les freins et pose tes mains à plat sur la barre.

C’est parti accélération et montée toujours aussi surprenante et nous nous retrouvons vite à 1500 pieds. Là Samir me dit je te donne les commandes gaz et la barre on va vers la Saône ! Direction pont de Thoissey.

Et pif paf ça embarque de partout, gauche droite, le nez qui monte redescend en pleines turbulences, je régis comme JC me l’a indiqué la veille au soir, bras décontractés libres, laisser la machine bouger dans une marge acceptable sans vouloir à chaque fois la contrer. Je laisse mes mains quasi ouvertes, bras libres et j’accompagne les embardées de la barre, je laisse le pendulaire réagir, je ne le contre que s’il veut embarquer trop fort ou trop loin du cap que je me suis choisi en me donnant un repère à l’horizon que je veux garder constant devant moi pile poil sur la barre de renfort verticale.

Et c’est assez plaisant tout compte fait le chariot bouge les bras suivent en « souplesses » mais je ne suis pas crispé donc plus détendu. Pfaaffff une turbulence plus forte embarque la machine sur ma droite là je contre pour le faire revenir sur mon repère. Et comme me l’a dit JC hier soir il faut insister tant qu’il n’a pas bouger maintenir la barre. C’est mieux qu’hier soir à mon avis, déjà j’arrive à coordonner mon pied droit et la barre, ensuite je ne m’épuise pas à vouloir à tout prix l’empêcher de bouger, enfin j’ai mesuré l’inertie de la machine mais pas encore suffisamment pour en tenir totalement compte en sortie de virage ou j’ai encore tendance à réagir un poil trop tard.

Samir m’explique dans l’intercom que nous sommes dans les turbulences de relief dues au vent qui vient de l’ouest passe sur le Beaujolais. Il m’apprend que ces turbulences peuvent atteindre 10 fois la hauteur du sommet qui les a provoqué, mais en s’atténuant avec l’altitude. !

Allez, me dit-il virage à droite on va remonter la Saône vers Belleville, OK barre à gauche mais oups oubli; je n’ai pas vérifier avant de virer que l’espace était libre derrière moi ! Samir attentif me le rappelle mais je ferais encore deux fois cet oubli trop pressé « d’obéir » à la consigne donnée ! Dont une fois nous verrons un hélico certes largement au-dessus de nous mais que je n’avais pas repéré en faisant ma manœuvre.

Nous descendons la Saône puis demi-tour, virage à 360° puis 90°, puis Samir me dit monte le régime moteur à 5 000t/mn constant ! Exécution chef ! Et nous montons au-delà de 4000 pieds et la fraîcheur de l’air me surprend, nous avions 35/36° au sol et là fait “vrai frais” comme on dit par ici ! Encore quelques manœuvres tout en montant plusieurs virages avec essai d’incidence constante. Puis retour vers le terrain, le temps c’est bien calmé, Samir me dit coupe le moteur et revient en position de démarrage !

4 000 pieds, vertical terrain, moteur coupé ; silence à bord juste le sifflement de l’air sur la voile et dans les haubans ! Le Tanarg descend je me mets en branche vent arrière nous allons prendre la piste 16 un peu haut je fais des S pour perdre de l’altitude et Samir reprend la main pour l’atterrissage, une fois la machine posée et suffisamment ralentie je repends les commandes au pied , direction frein à gauche, accélérateur à droite : et je ramène l’appareil devant le hangar en restant sur l’herbe ! Alimentation instrument coupé, circuit coupé le moteur s’arrête, allumage coupé ! Voilà nous sommes posé en sécurité on peut se détacher et descendre !

Quelle descente la 2ème fois moteur coupé j’en redemande ! C’est l’essence même du vol l’aile , l’être humain et l’air !

Débriefing, les points positifs, je laisse bien la machine bouger sans être crispé, points à travailler mes virages à faire en sécurité.

Pour les prochaines fois Samir pense que nous pourrons aborder décollage, atterrissage et décrochage.

Prochain rendez-vous pas avant le 8 juillet maintenant à 8h30 !

Entre temps petit passage à Paris voir enfants et petits-enfants !

 

Une vue de l’aérodrome de Pizay

Aérodrome de Pizay

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